Terminator 2D: NO FATE – Critique
15 de décembre de 2025Terminator 2D: NO FATE, comme vous le savez sans doute déjà, est un jeu basé sur un film sorti en mille neuf cent quatre vingt onze ; et rares sont les films qui portent un poids aussi important dans l’imaginaire des joueurs que celui-ci. C’est le genre d’œuvre qui semble littéralement appeler une adaptation vidéoludique capable de rendre justice à son action frénétique, à son climat de menace permanente et à ses nombreuses scènes gravées à jamais dans la culture pop. Après de longues années passées à jouer à des titres qui promettaient cela sans jamais offrir plus qu’une pâle ombre de l’énorme potentiel du film, Terminator 2D: No Fate est enfin arrivé en deux mille vingt cinq sur les consoles actuelles, avec un style visuel en pixels inspiré des jeux de l’ère seize bits.
Terminator 2D: No Fate est avant tout une tentative profondément passionnée de répondre à une question que de nombreux joueurs se posent depuis les années quatre vingt dix : et si Terminator deux avait reçu, à la bonne époque, le jeu qu’il méritait vraiment ? En y jouant aujourd’hui, avec des contrôles modernes et une base technique solide, j’ai eu la sensation de vivre dans une réalité alternative, comme si cette cartouche était sortie tout droit de l’époque des salles d’arcade et des consoles seize bits, mais avec suffisamment d’ajustements pour fonctionner parfaitement en deux mille vingt cinq.
La première chose qui frappe est le respect absolu du contenu original du film. Chaque niveau, chaque personnage et chaque situation semblent conçus pour traduire des moments emblématiques du long métrage en action jouable. Il ne s’agit pas d’une adaptation lâche ni d’une réinterprétation éloignée comme on en voit souvent, où seul le nom du film est utilisé sans réel lien avec son histoire. Ici, c’est une recréation presque obsessionnelle, réalisée avec soin, qui mélange nostalgie pure et choix de design modernes. Cela apporte à la fois des qualités et des limites, qui deviennent de plus en plus évidentes au fil de la progression, lorsque je recommence les niveaux, cherche de meilleurs scores et explore les chemins alternatifs. Terminator 2D: No Fate est un jeu qui séduit rapidement, enthousiasme intensément, mais qui invite aussi à réfléchir jusqu’où la fidélité au film peut aller sans nuire à la profondeur du gameplay.
Mécaniques et jouabilité
La base de Terminator 2D: No Fate repose sur le style classique run and gun, où l’on avance en tirant, en esquivant les projectiles et en réagissant rapidement aux ennemis qui surgissent à l’écran. Manette en main, les sensations sont excellentes. En jouant sur Nintendo Switch, j’ai ressenti une réponse très précise des commandes, avec des déplacements rapides, des tirs nets et des actions qui se déclenchent exactement au moment attendu. Cela fait toute la différence dans un jeu arcade, où la moindre erreur peut coûter une vie entière.
Le véritable atout réside dans la variété des personnages et des situations. Chaque protagoniste offre une expérience distincte. Avec John Connor, surtout dans les niveaux situés dans le futur, le jeu embrasse pleinement l’héritage des grands classiques du genre, avec des tirs multidirectionnels, des bonus d’armes et des affrontements intenses contre des hordes de machines. Avec Sarah Connor, le rythme change. Elle ne se joue pas de la même manière, demandant davantage de prudence, un usage plus fréquent des attaques au corps à corps et même des approches plus lentes, presque furtives, dans certaines séquences. Cela apporte une variation bienvenue et évite toute sensation de répétition trop rapide.
Le T huit cents, quant à lui, apparaît de manière plus ponctuelle, mais avec un fort impact. Les niveaux où il est jouable s’éloignent du run and gun traditionnel pour flirter avec le beat em up, proposant des combats directs, des coups puissants et une sensation de lourdeur dans les mouvements. Ces séquences sont très marquantes et amusantes, mais laissent aussi l’impression qu’elles auraient mérité d’être plus nombreuses, compte tenu de l’importance du personnage dans l’histoire.
La structure des niveaux est également très caractéristique. Chacun est court, intense et extrêmement direct. En quelques minutes, tout s’enchaîne : poursuites, fusillades, explosions, boss gigantesques et situations emblématiques du film. Cela fonctionne parfaitement pour des sessions rapides et répétées, tout en soulignant que le jeu a été conçu pour être rejoué encore et encore, plutôt que parcouru une seule fois jusqu’aux crédits. Les choix de routes, proposés à des moments précis, contribuent à renforcer la variété, même si certaines alternatives partagent des idées similaires.
Graphismes
Visuellement, Terminator 2D: No Fate est très réussi, et son style en pixel art évoque immédiatement la nostalgie des jeux Super Nintendo. Sur Switch, aussi bien sur téléviseur qu’en mode portable, j’ai été impressionné par le niveau de détail des sprites, des animations et des décors. Chaque personnage est immédiatement reconnaissable, même en deux dimensions, et de nombreuses animations recréent des mouvements du film de façon presque cinématographique, mais en pixels.
Les niveaux sont superbement mis en scène, avec une utilisation intelligente des couleurs, des ombres et de l’éclairage pour retranscrire l’atmosphère du film. Le futur dévasté, les environnements urbains, l’hôpital, l’usine et d’autres lieux emblématiques sont représentés avec un soin extrême. Par moments, le jeu donne presque l’impression d’un film interactif en version rétro, tant l’attention portée aux détails visuels est remarquable.
Tout n’est cependant pas parfait. Certains sprites paraissent un peu plus rigides que d’autres, notamment certains ennemis secondaires ou créatures mécaniques. Comparés aux boss gigantesques et aux transformations plus élaborées, ces éléments jurent légèrement. Malgré cela, l’ensemble visuel reste largement au-dessus de la moyenne pour un jeu de ce genre et correspond exactement à ce que l’on attend d’une adaptation aussi fidèle.
Son
La bande-son constitue un autre point fort majeur. Les thèmes emblématiques du film sont réarrangés pour s’adapter parfaitement à l’approche arcade. En jouant avec un casque sur Switch, l’immersion est totale, avec cette tension et cette ampleur sonore qui ont marqué le film original. À certains moments, des morceaux très reconnaissables surgissent de manière presque triomphale, renforçant encore l’impact des scènes.
Les effets sonores sont tout aussi réussis. Les tirs ont du poids, les explosions sont puissantes et les ennemis émettent des sons qui aident à repérer les dangers, même hors champ. L’audio ne se contente pas d’accompagner l’action, il fait pleinement partie de l’identité du jeu.
Plaisir de jeu
C’est ici que Terminator 2D: No Fate se montre le plus intéressant. Le jeu est extrêmement fun, surtout durant les premières heures. Chaque nouveau niveau apporte une idée différente, une mécanique spécifique ou une réinterprétation créative d’une scène culte du film. Le rythme est constant, les surprises s’enchaînent et l’enthousiasme ne retombe pas.
Avec le temps, toutefois, le plaisir dépend fortement de l’affinité du joueur avec les jeux d’arcade classiques. La structure simple, la brièveté des niveaux et la linéarité deviennent plus évidentes à mesure que l’on répète la campagne. Pour ceux qui aiment viser de meilleurs scores, maîtriser les patterns des boss et relever des défis plus exigeants, le jeu reste très gratifiant. Pour ceux qui attendent une expérience plus ample ou plus profonde, certaines limites peuvent se faire sentir.
Le système de score, les multiplicateurs et les niveaux de difficulté plus élevés contribuent néanmoins à renouveler le défi. Rejouer un niveau en cherchant à le terminer sans subir de dégâts ou à obtenir une meilleure évaluation procure cette satisfaction typiquement arcade que peu de jeux modernes parviennent encore à offrir.
Performance et optimisation
Sur Nintendo Switch, mon expérience a été très positive. Le jeu tourne de manière stable, avec une fluidité constante aussi bien en mode portable qu’en mode docké. Je n’ai constaté aucune chute notable de performances, ni ralentissements ou problèmes techniques sérieux.
Les temps de chargement sont rapides, ce qui correspond parfaitement à l’esprit arcade. Mourir, recommencer immédiatement. Se tromper, réessayer sans attendre. Cette fluidité est essentielle pour préserver le rythme et l’immersion. L’optimisation, dans son ensemble, est parfaitement adaptée à la simplicité technique du style deux dimensions, sans jamais sacrifier la qualité.
Conclusion
Après avoir joué à Terminator 2D: No Fate sur Switch, je peux dire qu’il tient pleinement ses promesses, et va même au-delà à plusieurs reprises. C’est une adaptation conçue avec passion, respect et une compréhension profonde du film comme du genre arcade. Il ne cherche pas à réinventer la formule ni à rivaliser avec les jeux modernes aux systèmes complexes. Sa force réside dans une simplicité maîtrisée, une fidélité esthétique assumée et un plaisir immédiat.
Il est toutefois impossible d’ignorer certaines limites. La durée est très courte, parfois frustrante, le contenu pourrait mieux exploiter certains personnages et certaines mécaniques manquent d’évolution. Malgré cela, pour les fans de Terminator deux, des jeux d’arcade classiques et des expériences intenses et directes, il s’agit d’un titre hautement recommandable. Il n’est pas parfait, mais il est sincère, solide et extrêmement attachant pour les amateurs du film.
Points positifs
Fidélité impressionnante au film
Pixel art détaillé et plein de personnalité
Excellente bande-son
Contrôles précis et réactifs
Bonne variété de situations et de styles de niveaux
Points négatifs
Durée exagérément courte, surtout au regard du prix
Contenu limité pour certains personnages importants
Mécaniques simples pouvant lasser sur le long terme
Évaluation
Graphismes : 8.0
Plaisir de jeu : 7.5
Mécaniques et jouabilité : 7.0
Son : 8.0
Performance et optimisation : 8.5
NOTE FINALE : 7.8 / 10.0
![Revolution Arena [en Français]](https://revolutionarena.com/francais/wp-content/uploads/sites/6/2024/07/Revolution-Arena-ISSN-2966-2117.png)


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